Articles et critiques

« Wa Wa Tey Wak est en quelque sorte le résultat du mariage de deux cultures… » (Novembre 2007)

HYMNE À LA CULTURE AUTOCHTONE

Patricia Bitu Tshikudi, La Liberté du 14 au 20 novembre 2007

Admirer des aurores boréales, bercé par des chants cris et anglais, le tout de son salon? C’est ce que propose Camerata Nova avec son tout premier DVD intitulé Wa Wa Tey Wak.

Lancé le 9 novembre, Wa Wa Tey Wak, qui signifie aurores boréales en langue cri, est avant tout un DVD incluant sept chants envoûtants présentés avec un accompagnement visuel créé par l’artiste multimédia Bryan Besant. « On ne nous voit pas dans ce DVD, mais on nous entend, explique la chanteuse de Camerata Nova, Karine Beaudette. Ce sont les images projetées par Bryan Besant qui sont au cœur de ce DVD. On y voit des paysages représentant la nature et des images d’anciens de tribus autochtones, le tout accompagné par nos chants. »

Wa Wa Tey Wak, c’est aussi l’histoire poignante d’une jeune Cri qui 300 ans plus tôt, s’est vue transportée par un sorcier dans le Winnipeg actuel, sa terre natale. Dans ce nouveau monde, seuls les itinérants et les mendiants de la ville parviennent à la voir. Les aurores boréales sont son unique moyen de rentrer chez elle.

« La légende qu’a écrite Andrew Balfour est une critique sociale de la réalité actuelle. Il a voulu faire ressortir l’injustice et le fossé qui existe entre les riches et les pauvres, explique Karine Beaudette. Andrew souhaitait aussi montrer la tristesse de la situation actuelle des peuples autochtones et surtout, souligner la disparition des tribus amérindiennes. »

Présentée pour la première fois au grand public en mars 2006 et ensuite au New Music Festival de l’Orchestre symphonique de Winnipeg, en février dernier, Wa Wa Tey Wak est en quelque sorte le résultat du mariage de deux cultures. « Andrew a grandi dans les traditions anglicane et cri. Ça se ressent dans sa musique, explique Karine Baudette. On retrouve dans cette pièce un peu lourde et sombre, les influences cris et anglicanes. »

Sur les sept morceaux proposés dans le DVD, cinq sont des chants classiques en anglais. Deux des pièces sont des chants traditionnels inuits interprétés par une chanteuse autochtone.

C’est par un heureux hasard que Camerata Nova propose aujourd’hui un DVD à ses fans. « Lors du concert que nous avons offerts au New Music Festival, CBC radio 2 a enregistré la soirée. La qualité de l’enregistrement sonore et visuel était tellement bonne que nous avons pensé en faire un DVD, explique Karine Beaudette. Les spectateurs ont tellement apprécié le spectacle qu’il allait de soi que nous allions leur offrir une version DVD. »

Les chanteurs de Camerata Nova ont participé au lancement du disque à la galerie Urban Shaman où ils ont offert un mini spectacle et présenté quelques extraits de leur nouveau DVD de 30 minutes.

La formation se prépare aussi pour un concert, Misa Mexicana, les 24 et 25 novembre prochains. Camerata Nova y transportera son public dans le Mexique des années 1645 grâce à des chants sacrés et folkloriques du Mexique et de l’Espagne. La représentation aura lieu à l’Église Unie Crescent Fort Rouge. Le spectacle est gratuit mais les dons sont aussi bienvenus.

« Un voyage très inspirant » (Novembre 2007)

CHRONIQUE AU SUJET DE NOVA NOËL

Isabelle Laurin et Frédéric Dupré, Zig Zag, Radio-Canada Manitoba, émission du 25 novembre 2007

(Isabelle) Alors, Camerata Nova nous présente un album de Noël qui s’intitule Nova Noël. On vous avait déjà parlé de Camerata Nova il y a quelques années de cela alors qu’ils lançaient leur album Mystica. Camerata, c’est une chorale qui vient de Winnipeg, qui a été fondée en 1996 et qui est sous la direction artistique d’Andrew Balfour. Elle se consacre principalement à l’interprétation de la musique a cappella de la période de la Renaissance. Donc je vous propose d’écouter un premier extrait, un extrait où on a l’impression d’entendre des anges chanter. L’extrait s’intitule Alma redemptoris mater. [musique]

(Frédéric) On n’est vraiment pas dans la musique « classique » de Noël. Moi, j’ai vu ça comme un voyage historique dans la musique sacrée. Un voyage très inspirant. Je trouve que tout amateur de musique doit plonger dans ce style de musique. C’est vraiment la racine, de la musique qui inspire, la musique qui donne une paix à l’âme, qui est aussi très inspirante. Une belle découverte, vraiment, j’ai beaucoup adoré.

(Isabelle) Je pense qu’on avait été unanimes, quand on avait parlé de leur album Mystica. Et c’est la même chose. Ça sort complètement de l’univers de Noël, de ce qu’on entend toujours tourner à la radio. On a l’impression d’entrer vraiment dans un sanctuaire presque. La méthode d’enregistrement est vraiment fascinante. Ils enregistrent ça à la cathédrale St. Mary, ce qui donne une rondeur et une puissance aux voix. Ce que j’aime aussi de cette chorale là, c’est le livret qui accompagne l’album et qui donne tellement d’information sur d’où sont puisés le répertoire qu’ils présentent.

(Frédéric) On a tous les textes dans les deux langues, traduits en anglais et en français, ce qui nous permet d’apprécier davantage les chansons. Souvent, dans un groupe comme ça, on n’arrive pas toujours à saisir chacun des mots. Parce qu’on peut les lire, on peut vraiment les apprécier. C’est vraiment de la grande musique; c’est remarquable. Je pense que ça se classe dans les grands classiques.

(Isabelle) On pourrait écouter une dernière pièce. C’est une pièce plus rythmée, un cantique populaire, intitulé Noël nouvelet.

« Ce mélange d‘instruments anciens, originaux, d’harmoniques, fait qu‘il s’agit d’un concert unique à Winnipeg » (Novembre 2005)

NOVA NOËL SOUS LA ROTONDE

Camerata Nova présente son nouveau spectacle de Noël les 26 et 27 novembre. Rendez vous sous la rotonde du Palais législatif pour une soirée toute en rythmes et en musique.

Prune Vellot, La Liberté du 23 au 29 novembre 2005

Nova Noël est le prochain spectacle de Camerata Nova, présenté sous la rotonde du Palais législatif, le samedi 26 novembre à 19 h 30 et le dimanche 27 novembre à 14 heures. Un concert qui promet encore originalité et émotion.

Comme chaque année, Camerata Nova va présenter toute une panoplie de chants de la Renaissance, composés par Palestrina, Guerrero, Hassler ou encore Josquin des Prés, soit autant d’Italiens et d’Espagnols que d’Allemands et de Flamands.

« Même si de nombreux chants sont en latin, il est devenu traditionnel que l’on chante en plusieurs langues : en anglais, français, allemand, et cette année encore, en cri, souligne la choriste Karine Beaudette. La composition en cri est une œuvre de notre directeur artistique, Andrew Balfour. Il s’agit d’une variation de The Huron Carol. »

Une superbe pièce de l’Anglais Thomas Weelkes est aussi au programme. « C’est mon répertoire préféré, confie la choriste. Les sopranos se font échos. C’est vraiment joli, ça fait l’effet d’un canon. Et puis, le groupe la chante vraiment bien. »

Mis à part son impressionnant registre choral et linguistique, Camerata Nova risque de surprendre par l’accompagnement instrumental. Tambours, cromorne (1) et sacqueboute (2) sont là pour porter les voix du chœur. Curieusement, il y aura même une femme jouant du coquillage.

« En fait, elle chante à l’intérieur du coquillage, explique Karine Beaudette. Cela donne une résonance très particulière. Ça fait un peu penser à un instrument à vent. On s’en est déjà servi, il y a deux ans, et ça a quelque chose de très méditerranéen. Ça donne une autre dimension aux chansons. »

D’une certaine manière, la musique du coquillage repose un peu sur le même principe que les harmoniques, très utilisées par les choristes de Camerata Nova. « Chaque chanteur produit un bourdon, c’est-à-dire une note maintenue relativement basse, et crée par-dessus des harmoniques, précise Karine Beaudette.

« Ce mélange d’instruments anciens, originaux, d’harmoniques, fait qu’il s’agit d’un concert unique à Winnipeg, poursuit-elle. Aucune autre chorale ne fait ça. On se démarque en faisant découvrir au public de nouveaux sons, en leur proposant de nouvelles expériences. »

Pas étonnant alors, que le spectacle de Noël de Camerata Nova soit très populaire. Il faudra arriver tôt pour s’assurer d’avoir une place assise au Palais législatif. Toutefois, la Rotonde est un lieu extraordinaire, qui permet à ceux qui n’ont pas trouvé de place, de profiter du concert en se promenant tout autour.

L’acoustique de l’endroit est en effet merveilleuse, autant pour le public que pour les musiciens. « La première répétition nous impressionne toujours, remarque Karine Beaudette. Quand il y a des personnes assises, c’est différent, il y a moins d’échos.

« La musique résonne pendant plusieurs secondes, ajoute-t-elle. Nous devons détacher nos notes davantage pour que l’auditoire puisse entendre comme il faut. L’acoustique porte nos voix, mais c’est une manière de chanter physiquement plus difficile. C’est toujours une belle expérience. »

En somme, tout le monde devrait se régaler, d’autant plus que des pièces enjouées vont alterner avec des morceaux plus méditatifs. La variété de sons, de rythmes, mais aussi de registres, devrait satisfaire l’oreille la plus attentive.

(1) Le cromorne est un instrument à vent en bois à anche double, en forme de tuyau recourbé.
(2) La sacqueboute est un instrument à vent analogue au trombone en usage au Moyen Âge.

« C’est absolument sublime » (Novembre 2005)

Isabelle Laurin et Frédéric Dupré, Zig Zag, Radio-Canada Manitoba, émission du 14 novembre 2005

Salut Frédéric! Salut Isabelle!

Frédéric : Je veux vous parler d’une excellente découverte aujourd’hui, un album qui nous vient du Manitoba, le groupe Camerata Nova qui nous présente leur album Mystica. C’est une chorale en fait a cappella qui nous présente des polyphonies de la Renaissance. C’est absolument sublime. C’est sous la direction d’Andrew Balfour. Tout de suite pour vous en donner un petit extrait, la pièce « Ah dolente partita ».

Isabelle : Eh oui, tout comme toi, Frédéric, j’ai été complètement envoûtée par cet album-là. Je dois dire que je me suis laissé complètement emportée par les magnifiques polyphonies; j’étais dans un état de grâce absolu. Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, c’est la recherche que le directeur artistique a pu faire. Donc, il nous transporte complètement à l’époque avec des pièces de compositeurs de la Renaissance, mais il nous fait aussi découvrir des compositeurs actuels, donc contemporains, qui s’inspirent de cette époque-là pour justement nous transporter quand même dans le temps. Donc j’ai trouvé ça complètement merveilleux.

Frédéric : Oui, vraiment, c’est difficile d’arrêter de l’écouter. Je l’ai écouté trois fois sans arrêt tellement j’étais emporté par la magie des voix, la pureté de la ligne vocale. Et je voudrais souligner à cet égard les sopranos Karine Beaudette, Carolyn Boyes et Danielle de Moissac qui font un travail exceptionnel. Puis je veux vous donner un autre extrait pour terminer, la pièce « Requiem aeternam ». Écoutez ça.